Le président français réaffirme devant le candidat démocrate la nécessité de soutenir l’indépendance du Liban Rencontre Sarkozy-Obama à Paris sous le signe de la « convergence »

26 Juillet 2008 L'Orient Le Jour - L'Orient le jour



Le président Nicolas Sarkozy a fait état hier d'une « grande convergence de vues » avec Barack Obama, alors que le candidat démocrate à la Maison-Blanche assurait en retour que « l'Américain moyen aime énormément les Français », à l'issue d'une rencontre à Paris.
Le sénateur de l'Illinois a reçu un accueil digne d'une vedette par les quelque 200 photographes et cameramen qui l'attendaient dans la cour de l'Élysée et d'où on pouvait entendre une clameur populaire. De nombreux badauds, tenus à l'écart par les forces de sécurité, étaient massés à proximité de l'Élysée pour tenter de l'apercevoir lors de son arrivée au palais présidentiel.
Nicolas Sarkozy et Barack Obama, très souriants, ont longuement posé sur le perron de l'Élysée. Les deux hommes ont eu un peu plus d'une heure d'entretien dont vingt minutes en tête à tête au cours duquel, selon l'entourage du président, ils ont partagé leurs expériences de campagne électorale.
Lors d'une conférence de presse commune, M. Obama a aussi exprimé sa « reconnaissance pour la présence de troupes françaises en Afghanistan » et a remercié M. Sarkozy pour sa « volonté d'en envoyer d'autres ». « Cela fait trop longtemps maintenant qu'il y a une caricature des deux côtés de l'Atlantique », a-t-il déploré, avant de se féliciter que M. Sarkozy ait fait « exploser ces stéréotypes, ces caricatures ». Interrogé sur la brièveté de son séjour en France, il l'a imputée à des impératifs de calendrier. Face à l'enthousiasme manifesté par M. Sarkozy, il a tenu à rappeler qu'il ne s'exprimait pas en tant que président américain mais comme candidat.
Les relations franco-américaines, très tendues au moment de la guerre en Irak en 2003, se sont largement améliorées depuis l'élection en 2007 de Nicolas Sarkozy, « ami » proclamé des États-Unis. Après l'entretien, M. Sarkozy a affirmé ressentir « une grande impatience que la démocratie américaine choisisse son prochain président et que l'on prenne beaucoup d'initiatives en commun entre l'Europe et les États-Unis ». Il a cité le changement climatique, la réforme des institutions mondiales, la paix dans le monde et le capitalisme financier. « Nous sommes des amis, des amis indépendants, mais des amis », a-t-il dit.
Le sénateur démocrate a aussi appelé l'Iran à ne pas attendre le prochain président américain pour accepter les propositions des Occidentaux sur le dossier nucléaire, « car la pression ne fera qu'augmenter. » Le président français a, lui, particulièrement insisté sur la situation en Afghanistan. « Nous n'avons pas le droit de laisser revenir les talibans », a-t-il dit, en affirmant vouloir empêcher « un retour au Moyen Âge ».
Par ailleurs, concernant le Liban, M. Sarkozy a déclaré devant M. Obama la nécessité de soutenir la souveraineté et l'indépendance du pays tout en soutenant le président Michel Sleiman pour surmonter la crise actuelle. Le candidat démocrate a de son côté appuyé la position de M. Sarkozy.
Malgré ces déclarations, la discrétion de l'étape parisienne contrastait néanmoins avec le séjour berlinois, où M. Obama s'est adressé à une foule immense. Selon l'historien François Durpaire, Barack Obama « ne peut pas rendre à la France aujourd'hui l'amour qu'elle lui porte » parce que « cela serait encore mal perçu dans le Middle West » américain.
Durant sa tournée, le sénateur démocrate s'est rendu en Afghanistan, au Koweït, en Irak, en Jordanie et en Israël avant de commencer à Berlin la partie européenne de sa visite. Il est reparti hier, dès le début de la soirée, pour Londres, où il devait rencontrer le Premier ministre Gordon Brown et son prédécesseur Tony Blair, dernière étape d'une tournée internationale jusque-là considérée comme un sans-faute par les commentateurs.

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